En compagnie des Oliviers
"Etienne" ou la tragique histoire d'un ado (pièce de théâtre)


Du théâtre pour parler du SIDA: le message semble être passé auprès des jeunes lycéens de 17- 20 ans, directement touchés par l'histoire d'Etienne.
Deux cars du Lycée professionnel Martin-Bret et du lycée Félix-Esclangon sont venus cette semaine au théâtre tullésain, assister à la pièce "Etienne".
C'est à la demande de la DDASS. que la compagnie théâtrale professionnelle "En compagnie des Oliviers" en provenance de Revest-saint-Martin a crée ce spectacle interactif.
"Nous sommes spécialistes du théâtre d'insertion " explique Jean-Pierre Georges, metteur en scène et responsable de la troupe. "Et nous proposons même une formation "animateur théâtre et insertion" au sein de notre structure; c'est à dire un BETEP Jeunesse et Sport". Avec cinq années d'existence, notre compagnie est désormais bien rodée pour traiter les problèmes sociaux. Nous intervenons régulièrement dans les collèges, là ou le problème de l'insertion se pose" expliquent les responsables.
Dès le mois de janvier, la compagnie des Oliviers présentera "Maltraitance et abus sexuels" auprès des écoles primaires "C'est un spectacle produit par la DDASS et pour la tournée. c'est l'éducation nationale qui s'en occupe" précise Jean-Pierre Georges
.Une histoire vraie
Pour l'heure, il était question du SIDA et c'est au travers de l'histoire d'Etienne que les dix acteurs présents sur scène ont touché les adolescents et les adultes présents dans la salle. "Pourquoi ?" c'est la question qui s'est posée après qu'on ait retrouvé le corps sans vie d'Etienne au pied du viaduc de Forcalquier.
On apprendra au fur et à mesure des témoignages de sa famille et de ses ami(e)s, qu'il fumait trop, buvait trop, mais seule la révélation d'Angélique -sa petite amie- mettra en lumière sa difficulté à vivre: "Il était séropositif et il m'a contaminée. Pourquoi m'a t-il fait ça, alors qu'il disait m'aimer ?"
Un silence qui en dit long
"Etienne" a laissé presque sans voix l'ensemble du public qui pourtant était invité à s'exprimer sur le sujet par le jeu d'acteurs présents dans la salle. "C'était une histoire vraie ou pas ?" seule question unanime à laquelle la réponse positive donne toute l'ampleur de l'émotion palpable dans le théâtre. C'est vrai que beaucoup se sont demandés après coup s'il s'agissait d'acteurs ou pas."C'est certainement cet après-midi que les questions et le débat vont venir" s'accordent à dire les professeurs présents. Et si, comme le dit une des actrices "j'ai cru un moment que l'amour était plus fort que la mort, il faut que la disparition d'Etienne serve a quelque chose". Une volonté de sa mère, inconsolable.

la provence, 16 décembre 2000, Sainte-Tulle, cf: site officiel du théâtre